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Le big data révolutionne-t-il le data mining ?

Incontournable dans bien des domaines, le big data change certains modes de travail dans les entreprises. Pour celles qui utilisent le data mining, le big data doit rester un moyen et non un but, et à ce titre ne rien bouleverser, si l'on en croit Thomas Isnard, gérant d'Apollo Conseil, entreprise spécialisée dans le revenue management et le data mining.


« Big data et data mining : des logiques semblables »

C'est une idée de plus en plus répandue, parfois avérée mais pas toujours : le bid data change, ou s'apprête à changer, les habitudes et les comportements dans de nombreux domaines de la vie des entreprises. On pourrait a priori imaginer que le data mining, c'est-à-dire l'ensemble des technologies susceptibles d'analyser les informations d'une base de données, serait concerné par ce changement. « Mais à mon sens, il ne l'est qu'à la marge », estime Thomas Isnard, gérant d'Apollo Conseil. À rebours du discours de beaucoup - parfois lié à des intérêts marketing - Thomas Isnard argumente : « ce sont les mêmes logiques, les mêmes réflexions, seule la variable du nombre de données change. Certes, on traite désormais de très gros volumes, donc le champ des possibles évolue. Par exemple, l'émergence des données collectées grâce aux objets connectés, permettant notamment d'améliorer sa santé ou l'efficacité énergétique de son logis, tout cela est une forme de révolution. Et passe par le big data, certes, mais celui-ci est un moyen, pas une fin en soi. »

« Un outil efficace reste efficace à plus grande échelle »

Concernant la manière de traiter ces données qui se multiplient, Thomas Isnard se fait même plus précis : « le big data étant un terme à la mode, beaucoup de gens pensent qu'il faut impérativement se renouveler en profondeur, adopter nombre de nouveaux outils. Je ne suis pas tout à fait d'accord : un outil efficace reste efficace à plus grande échelle, à mon avis. » Un regard nuancé, toutefois, par quelques exceptions. « Pour de très grands groupes comme Google, pour des pays, administrations ou services financiers, oui, le big data change le data mining, indéniablement, parce qu'on n'est plus du tout sur les mêmes échelles. Mais pour 95 % des entreprises, le big data, c'est d'abord de la data. En tout cas c'est notre conviction. » Ne pas changer d'approche globale, cependant, ne signifie pas qu'il ne faut pas s'adapter et accompagner le big data dans le cadre du data mining. « Il faut peut-être investir ponctuellement dans des outils un peu plus puissants, se donner plus de moyens, notamment humains, avec une montée en compétence sur certains points. Mais il ne faut pas tout révolutionner sous le prétexte de s'adapter au big data. » C'est ce qu'essaie de faire comprendre Thomas Isnard lorsque ses clients le questionnent sur le sujet. « Des responsables informatiques viennent parfois nous voir en nous disant qu'il leur semble désormais plus compliqué d'aborder le data mining, qu'ils ne savent pas comment s'y prendre. Nous, nous essayons de leur faire comprendre simplement les changements qui leur paraissaient complexes. Nous vulgarisons pour parvenir à leur faire bien maîtriser, déjà, le sujet du data mining. Quitte, ensuite, à voir ce qu'elles peuvent faire avec le big data. Mais c'est une autre histoire », conclut-il.

datamining, Objets connectés, DSI, big data

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